Aux petits soins pour Tanaïs
Du fait de sa situation géographique, à cheval entre la métropole et le Médoc, nous avons le luxe d’avoir sur notre territoire des espaces naturels uniques. La forêt de Tanaïs est l’un d’entre eux.
De la vigne à la forêt
Cette vaste propriété viticole de 64 hectares transformée en camp militaire de 1942 jusqu’à la fin des années 1960 a connu plusieurs vies. Laissé à l’abandon après le départ de l’armée, le domaine est acquis par la ville en 1995. Cependant, en 30 ans la nature a repris ses droits et de multiples campagnes de sécurisation du site et de défrichement sont nécessaires pour permettre aux Blanquefortais de se réapproprier le site.
L’espace naturel sensible
La forêt est ouverte à tous mais n’en reste pas moins un endroit unique avec une biodiversité foisonnante qu’il convient de préserver. Tel est l’enjeu du classement du site en « Espace Naturel Sensible » en 2022. Les objectifs ne sont pas de mettre sous cloche la forêt mais de la gérer en respectant toute sa richesse : pas d’exploitation du bois, peu d’abattage et un élagage minimal pour la mise en sécurité du site dans les parties ouvertes au public. Ainsi, des sentiers de randonnée balisés permettent aux plus aguerris des randonneurs de réaliser des longues marches en toute sécurité et le cœur de la forêt se développe à son rythme sans intervention de l’homme.
Les assauts climatiques
Toutefois, Tanais souffre. Laurent Viennet, technicien forestier à l’Office National des Forêts et fin connaisseur des lieux, est aux premières loges pour le constater. Stress hydrique, méfaits causés par la punaise réticulée, prolifération des espaces exotiques envahissantes (robinier faux-acacia, cerisier tardif, laurier…) fragilisent le site.
Lutter et s’adapter
Sans actions, le boisement original de Tanais va progressivement disparaître remplacé par des essences envahissantes. Aussi, la lutte, coordonnée par la ville, s’organise depuis plusieurs années en entretenant notamment les prairies par rotation car le maintien de ces espaces est indispensable pour préserver l’écosystème propre à ce lieu (réservoir de biodiversité, stockage de carbone, protection des sols…).
Par ailleurs, une expérience est menée au sein d’un hectare en lien avec l’ONF depuis mars 2025. Une zone particulièrement fragile a été ainsi replantée avec un panel d’essences différentes plus adaptées au stress hydrique (pin maritime, chêne tauzin, chêne vert, chêne liège, poirier, pommier). L’évolution des plans est soigneusement suivie et permettra, à terme, d’adapter le boisement aux nouvelles conditions climatiques.